Harmonicatricks

Trucs et coups de coeurs d'un fou du Diatonique !
Uncategorized

Enseignement de l’harmonica : Nos questions à Sébastien Charlier

(Photo placée en tête , portrait en milieu d’article et harmos Brodur signature: Laurent Vigouroux)

Sébastien Charlier est une figure à part dans le monde de l’harmonica. Sa démarche artistique est d’une exigence rare. Il s’est fait une place respectée au sein d’orchestres et au coté de musiciens de jazz de renommée internationale, et a porté très haut l’expressivité de l’harmonica diatonique. Au delà d‘un artiste d’exception, Sébastien est aussi un enseignant passionné depuis plus de vingt ans, auteur de plusieurs méthodes dont la dernière « Precious Box » n’a aucun équivalent ! Il nous a semblé intéressant de poser à ce Prométhée des temps modernes des questions sur  l’enseignement et la pédagogie de l’harmonica. Les réponses déménagent !…

  • Tu sais être extrêmement polyvalent, mais tu t’es illustré dans un jeu chromatique où peu de gens peuvent te concurrencer. Qu’est ce qui t’a poussé à cette approche si personnelle ?

Je n’ai pas cherché en premier lieu à jouer chromatique sur un diatonique comme le font dorénavant nombreux joueurs dès leurs débuts, grâce aux cours, au net et à tout ce qu’ont produit les harmonicistes depuis, disons la fin des années 90. J’ai encore moins cherché à concurrencer qui que ce soit, j’ai simplement travaillé afin de pouvoir jouer ce que j’entendais avec des joueurs qui m’ont donné envie de devenir musicien. Je ne cesse jamais d’insister en vue de me libérer des contraintes instrumentales, ça commence, me semble-t-il, à être plutôt sympathique de ce côté alors je ne regrette pas de m’y être mis sans suivre un modèle particulier ou un chemin déjà tracé.

  • Quelles méthodes avais tu suivi à tes débuts ?

Aucune ou disons aucune sérieuse. J’ai surtout eu la chance de jouer rapidement avec des musiciens qui m’ont aidé à progresser même si je n’avais absolument pas le niveau pour jouer avec eux.

  • Quels ont été les harmonicistes qui t’ont inspiré au cours de ton parcours ?

Aucun en particulier puisque l’harmonica ne s’était pas illustré dans les styles que j’écoutais. Néanmoins et afin d’avoir une vue d’ensemble, j’ai écouté ce qui se faisait sur l’instrument et donc de nombreux harmonicistes, dont Jean-Jacques Milteau qui me semblait vraiment au-dessus du lot en s’adaptant, tel un caméléon, à chaque contexte avec goût et classe, ne jouant jamais quelque chose de non maîtrisé.

  

 Avec le Blues Beyond Quartet (Photos Jean Luc Karcher)

 

  • Beaucoup d’harmonicistes se réfèrent à des modèles qui ont été leurs moteurs : on entend souvent par exemple les noms de JJ Milteau ou Howard Lévy. Que penses-tu de ces influences ?

C’est très bien que les harmonicistes soient pris comme exemple, c’est la moindre des choses vu ce qu’ils apportent aux générations futures. Comme je t’ai dit je ne pense pas avoir été influencé par des noms en particulier, le Jazz et la Fusion ne sont pas associés au diatonique.

Les noms qui reviennent souvent dépendent souvent de l’âge du débutant, il ne faut pas se mentir. Un ado qui commence citera probablement plus Christophe Maé qu’un H. Lévy, un quinqua connaîtra probablement Dylan éventuellement Little Walter s’il s’intéresse au Blues et pourquoi  pas JJM s’il a déjà une connaissance minimum de ce qui se fait sur l’instrument. C’est très fluctuant en fait mais les lignes bougent au fil des décennies. En tout cas je suis ravi que le nom de Jean-Jacques résonne toujours et soit confortablement installé dans la culture de tous les joueurs expérimentés.

  • Quel regard portes-tu sur eux maintenant ?

Le même que lorsque j’ai commencé l’harmonica. Je vois un peu mieux maintenant ce qu’est une vie musicale avec l’harmonica comme instrument principal, l’investissement personnel, l’implication, les doutes, la fatigue des dates qui s’enchaînent et des dates qui ne viennent pas, ce que représente une prestation en tant que musicien ou harmoniciste, tout ce qui constitue finalement une «carrière», même si le terme peut paraître étonnant de la part de musiciens qui restent le plus souvent anonyme pour le plus grand nombre. C’est un vrai travail qui demande sincérité, générosité et implication permanente. Je respecte donc nécessairement ces artistes.

Si la question porte sur le jeu de l’harmoniciste, j’apprécie la maîtrise plutôt que la démonstration qui globalement ne convaincra jamais un musicien même si elle pourra impressionner un moment l’harmoniciste en manque d’inspiration.

  • Durant les premières années, qu’est ce qui t’aurait facilité l’apprentissage de l’instrument ?

Avoir un professeur n’aurait pas été du luxe, on perd moins de temps sur les fondamentaux. Mais encore eut-il fallu qu’il soit musicien bien plus qu’un instrumentiste. De toute façon personne ou presque ne donnait de cours dans les années 80.

  • Faut-il à ton avis apprendre d’une façon spécifique en fonction du style de musique que l’on affectionne ?

Surtout pas si on tient à devenir musicien, c’est à dire à  acquérir un savoir faire et une vision d’ensemble qui permette d’agencer les sons selon nos critères esthétiques qui peuvent d’ailleurs évoluer avec le temps. Il serait donc vain de ne travailler que dans un sens précis alors que l’oreille telle une éponge prend tout ce qu’on lui permet, influençant considérablement notre jeu.

Je comprends bien que nombreux harmonicistes ont (ou ont eu) tendance à s’orienter directement vers tel ou tel style en travaillant quasi exclusivement ce qui semble leur suffire pour s’exprimer. Dans la grande majorité des cas ce n’est guère un choix dû au goût personnel mais plutôt à ce qui semble faisable rapidement sur l’instrument. Il y a par exemple une multitude de joueurs qui jouent bluesy sans rien connaître du Blues… C’est juste parce que quelques mois de pratique donnent l’impression de pouvoir reproduire ce qui a été fait sur l’instrument dans ce style. Si l’on prend le Folk, c’est juste quelques minutes de pratique et pourtant tout une vie pour raconter quelque chose de consistant. Pour la Country ce sera un peu plus long car la vélocité demande de la répétition et de l’abnégation. Pour le Jazz les 20 premières années sont difficiles, etc.

C’est un leurre nécessaire et captivant car il nous permet de progresser en nous amusant et de continuer d’avancer en gardant l’envie. Mais ce serait oublier l’essentiel : le Blues ou n’importe quel autre style ne se réduit pas au fait de jouer une pentatonique par ici, un 2 altéré 2x trop bas par là et de sous-poudrer le tout de vibrato (à la bonne vitesse, ce serait bien), de jouer un phrasé appris par cœur en s’accompagnant d’un accord ou deux… Il suffit d’écouter tranquillement (et longtemps) les maîtres de ces musiques pour prendre conscience que la technique ne doit être qu’au service du discours. Parfois le discours demande une grosse technique, parfois non. Même lorsque le travail technique permettant de générer de la musicalité dans le style choisi semble faible, il ne saurait suffire. Présenter une partie de soi à chaque fois que l’on joue  est quasi indépendant de ce travail et c’est bien là l’enjeu principal.

Bref, si l’on travaille dans un seul sens, en vue de jouer tel ou tel phrasé typé, c’est exactement comme si on apprenait à conjuguer le passé composé mais pas les autres temps… c’est jouable de s’exprimer toujours de la même façon, des centaines d’harmonicistes ont fait carrière comme cela,  mais ça risque néanmoins de lasser rapidement et probablement d’être complètement hors sujet dans de nombreux contextes.

 

En concert avec Rémi Toulon (Photo Amélie Gamet)

  • L’harmonica a des spécificités sonores : bends, trills, jeu positionnel, accords, jeu en octave…Faut il les exploiter ou essayer de s’en libérer ?

Ce n’est pas qu’il faut s’en détacher ou s’en libérer, c’est que les spécificités sonores dont tu parles n’existent pas, hormis les bends. Les trilles existent sur tous les instruments, les façons de jouer existent également sur tous les instruments où l’on peut et veut photographier des axes de jeu. L’harmonica n’y est pas spécialement pour quelque chose. Maintenant il est possible de slider, bender, de nombreuses notes sur un diatonique, d’infléchir comme aucun autre instrument. Ce serait dommage de ne pas en profiter ! Néanmoins s’en tenir à ces effets serait vraiment réduire le potentiel énorme de l’instrument. Il faut profiter de ces qualités et en faire un atout pas une limite.

Concernant les positions dont tu parles, tout est envisageable à partir du moment où la façon de jouer n’empêche pas de s’exprimer. Si cela facilite certains joueurs de se dire qu’il est en telle ou telle position pourquoi pas. Il m’est arrivé de parler à des personnages imaginaires lorsque j’étais gamin, ça ne m’a pas empêché de m’exprimer en société. La musique dépasse de loin le cadre d’une façon de jouer.

  • J’ai lu que dans les années 90 tu n’arrivais pas à faire ce que tu voulais sur l’instrument, et que tu t’étais tourné vers le contrôleur à vent Yamaha. As-tu connu des périodes de découragement ?

Bien sûr, et il m’arrive encore de ne pas directement pouvoir jouer un phrasé que j’entends sans devoir le travailler en amont. Je pense que c’est le cas sur tous les instruments, tout dépend de ce que l’on entend… Il s’agit alors de bosser pour repousser ces limites ou de se satisfaire de n’entendre que ce que nous sommes capables de jouer… j’ai opté pour la première solution.

  • A ton avis quelles sont les limites physiques de l’instrument ?

Aucune idée.

  • A contrario, quelles sont les possibilités les plus intéressantes de l’harmonica par rapport aux autres instruments ?

Tant que je peux jouer ce que j’entends tout me paraît intéressant. Le fait que les octaves soient asymétriques demandent plus de travail de mémorisation mais se révèle être d’une aide précieuse dans la créativité des phrasés. L’ergonomie du diatonique associé aux articulations précises à l’octave grave, aux  « multioverbends », aux éventuels slides, au speed tonguing et à l’Air blocking doit permettre de développer une palette d’expressions unique en son genre. Si l’on ajoute du tongue blocking partiel (altéré à gauche et pas à droite par exemple), qu’on le combine à de l’Air block, on obtient un jeu en accord plus riche que l’on ne pouvait l’imaginer. A nous de profiter de tout cela pour générer de la musicalité.

  • Quels sont tes modèles et tes sources d’inspiration au plan musical, sans parler spécifiquement d’harmonica ?

La composition, le souci de la mélodie et tous les musiciens improvisateurs qui mettent les coui… sur la table lorsqu’ils jouent.

  • Quelles devraient être les spécificités de la formation musicale des harmonicistes par rapport à d’autres instruments ?

A part le fait d’obtenir toutes les notes sur l’instrument qui représente quelques mois de travail, le reste de la formation n’a aucune raison d’être singulière et adapté à l’instrument.

  • Est-ce qu’il faut faire l’apprentissage des overnotes dès les débuts, comme les bends par exemple ?

La réponse semble être dans ta question Pierre 🙂 Oui je pense sincèrement que l’on peut raisonnablement les aborder en même temps puisqu’il s’agit dans les deux cas de jouer l’anche opposée. Un bend classique est déjà une overnote (sauf tout ce qui se passe avant le demi-ton ou toute tentative de faire vibrer moins vite la lamelle que l’on aspire ou que l’on souffle). Si la technique d’obtention d’une altération vers le bas est maîtrisée alors il suffit de l’appliquer en changeant le sens de la respiration et l’overnote arrive comme par magie du premier coup… Evidemment il y a le problème du modèle utilisé qui demande bien souvent un réglage de l’angle d’inclinaison des anches afin de vérifier que la technique des bends classique est exactement la même que celle des over, d’où le fait que personne n’ait inventé quoique ce soit (à moins d’estimer qu’un joueur en particulier a inventé l’altération classique…). Un débutant n’a pas spécialement envie de démonter son harmonica et de prodiguer quelques soins mécaniques de l’ordre du 10ème de millimètres, d’où le fait de n’aborder que les bends classiques qui sont pourtant eux aussi beaucoup plus simples à réaliser lorsque l’instrument est réglé.

Au final, si les harmonicas d’usine étaient réglés en amont, la question ne se poserait pas et chacun découvrirait sans mal un bend ou un overbend. De toute façon rien  n’est perdu puisque si l’on progresse sur les bends, on avance nécessairement sur l’obtention des over à la manière de monsieur Jourdain, la technique d’obtention des overnotes étant la même que celle des altérations opposées.

  • Quels sont les objectifs essentiels qu’il faut atteindre dans l’apprentissage de l’harmonica ?

Les mêmes que pour n’importe quel instrument : parvenir à jouer le plus librement et facilement possible ce qu’on entend.

  • Quel « programme » et quelle formation proposerais-tu à un élève disponible et studieux sur le long terme ?

Bosser l’obtention des notes, avec un minimum de positionnement de langue, travailler le time ! insister sur les articulations du bout de la langue /te/ /de/ /le/ dès que cela paraît nécessaire. Acquérir du vocabulaire. Si la personne n’a pas peur de travailler, apprendre évidemment les gammes et les modes, bosser l’harmonie (le parent pauvre de l’harmoniciste, avec le time…) afin de comprendre un peu ce qui se passe… Le time toujours le time. Jouer d’un instrument polyphonique et d’un percussif ne sera pas du luxe de même que chanter les intervalles. Et encore le Time car le placement rythmique : c’est la vie…

  • Est-ce que certains élèves font de la résistance face à ce type d’objectifs?

Aucune résistance à partir du moment où le joueur désire progresser. La seule résistance concerne le temps que l’on peut consacrer à la pratique. Tout le monde ne peut pas passer des heures tous les jours donc chacun avance à son rythme. Vu que le temps est compté, bien choisir ce que l’on souhaite reproduire car on peut perdre beaucoup de temps à suivre un modèle qui n’est pas exempt de lacunes au niveau placement, justesse ou harmonique.

  • Que penses-tu de l’impact des réseaux sociaux, des chaines Youtube d’harmonicistes qui proposent des cours ou des videos homemade ?

Je suppose que les harmonicistes amateurs y trouvent leur compte (grande facilité pour se retrouver en Jam par exemple, découvrir des harmonicistes du monde entier, avoir accès à une tonne d’infos  pédagogiques, écouter gratuitement de la musique qui a pourtant coûté bonbon etc.).

Les écueils sont malheureusement légions et il n’est pas rare de tomber sur des pépites, de véritables trésors de youtubers qui auraient pu, dans l’intérêt général, s’abstenir.  Au moins on peut toujours sourire, ça fait du bien. Le sens du discernement a tout de même intérêt à être sacrément sollicité car il y en a vraiment qui osent tout…

Je n’ai et ne prends pas le temps de passer des heures à communiquer sur les forums ou réseaux sociaux. Je n’ai pas de chaîne Youtube. Être actif et garder une activité numérique prend énormément de temps, je préfère le consacrer à la musique, à mon travail sur l’instrument, aux concerts et à tous les projets qui me paraissent aller dans le sens de l’engagement personnel. Je reconnais volontiers qu’il peut y avoir un déficit de communication parfois mais il y a toujours des internautes qui postent des extraits de concerts ou des commentaires sur telle ou telle vidéo me concernant, donc je fais confiance au discernement de chacun. Je préfère de loin me faire rare plutôt que de surcharger en informations comme s’il devait y avoir quelque chose à prouver.

Sur Youtube, n’importe quel amateur dans sa chambre peut avoir la même visibilité qu’un pro, c’est le jeu, donc tant que je n’investis pas dans une chaîne pro avec de la postproduction et tout ce qu’il faut, je ne vois pas très à quoi me servirait d’insister sur une communication qui manquerait d’épaisseur et de crédibilité.

  • Que penses-tu de l’enseignement par Internet proposé par des structures plus professionnelles type « I-music school » ?

Il me paraît difficile sur le net de proposer une offre pro (et donc payante) qui intéresse un maximum d’harmonicistes en herbe. La concurrence est rude ne serait-ce que du côté Youtube où chacun peut se filmer et tenir une chaîne avec des conseils en tout genre (parfois gratinés…). Il y a également le format papier (+ DVD ou contenu téléchargeable) qui ne perd pas autant de terrain qu’on aurait pu le croire il y a quelques années. Certes les éditeurs ont courbé l’échine le temps de proposer une offre adaptée, de renouveler leur catalogue pour les plus hardis, certains ont dû mettre la clé sous la porte… Les structures en ligne ont d’autres contraintes mais elles doivent également s’adapter et rien n’est acquis.

On reproche souvent aux méthodes un manque d’interactivité. C’est la même chose pour les offres pro sur le net qui proposent dans la grande majorité des cas un bouquet de vidéos. Rien ne remplace une rencontre avec un musicien ou un enseignant passionné, tout le monde le sait alors chacun essaie les voies qui lui sont proposées en fonction du temps qu’il a à consacrer à la pratique instrumentale et son budget. Nombreux (surtout à l’harmonica qui est un instrument peu cher) se tourneront vers les chaînes youtube où la gratuité foisonne (à eux de faire le tri). Ceux qui sont prêt à payer pour un service qui leur évite de faire ce tri et qui souhaitent un contenu pédagogique en adéquation avec ce à quoi ils aspirent chercheront sûrement un prof. Mais là encore il s’agira de faire le tri puisque n’importe qui peut estimer avoir des compétences pour enseigner (attention, c’est cadeau, ou pas…). S’ils ne trouvent pas ils auront toujours la possibilité de profiter des services en ligne de structure pro ou des méthodes sérieuses que des éditeurs ont produites avec des auteurs impliqués.

Bref tout ce cheminement peut se faire dans n’importe quel sens et l’offre est suffisamment pléthore pour que chacun puisse s’y retrouver.

  • Comment verrais-tu l’enseignement de l’harmonica dans les écoles de musique quand cela existera?

Il y a déjà des écoles de musique privées, certains conservatoires ou associations liées au conservatoire, des classes de Jazz qui acceptent le diatonique au sein de leurs cursus et qui dispensent parfois des cours d’harmonica, grâce à des décideurs passionnés qui ouvrent à l’«exotique». Si le prof est musicien tout se passe bien quelque soit la structure. S’il est plutôt instrumentiste et concentré sur des «spécificités» qui seraient propres à l’instrument, on reste sur de l’anecdotique et l’enseignement du diatonique restera mineur. Je ne sais pas si c’est un enjeu important, ayant appris seul ou disons au contact des musiciens et non au sein d’une structure officielle.

  • Peux-tu nous présenter Precious Box ? Pourquoi ce livre ?

Le Precious Box est le livre que j’aurai aimé avoir lorsque j’ai commencé, notamment la seconde partie de l’ouvrage (la Tool box) qui est consacrée aux engrenages et à la mécanique de l’improvisation. Il me semblait qu’un ouvrage traitant des enjeux de l’improvisation par la pratique manquait cruellement à la bibliothèque harmoniciste. Plusieurs années à concocter cet ouvrage (et sa clé usb) avec toujours en ligne de mire l’espoir d’exposer de manière claire les différents procédés permettant d’enrichir son jeu, de l’émanciper, de le libérer.

  • As-tu d’autres projets de méthode d’harmonica après cette Precious Box ?

Oui bien sûr ! J’ai été agréablement surpris du succès de La Precious Box qui est tout de même destinée à des joueurs expérimentés possédant un assez bon  niveau technique. Entre la méthode débutant et cet ouvrage il y a un vide abyssal… Il y a donc de nombreux projets en perspective et en route…

  • Comment vois-tu le futur de l’harmonica ?

Je ne vois rien, je vis au moment présent. Je suis bien incapable de me projeter à deux semaines alors tu imagines que j’ai un peu de mal à jauger le futur d’un instrument…

Tout ce que je peux constater est qu’il y a un engouement pour les « overnotes » depuis quelques années et non pas depuis la fin des années 80, où il y avait un véritable bashing. Un enthousiasme depuis que l’on entend enfin des joueurs développant un discours audible avec. Autrement dit depuis que l’on ne saigne plus des oreilles en écoutant des joueurs s’y essayant… Dorénavant les harmonicistes peuvent, s’ils le souhaitent, intégrer facilement et clairement ces notes dans leur jeu, qu’ils soient débutants ou pro. Un enfant de 7 ans peut sortir un overblow en 1 sur un harmonica d’entrée de gamme à 10 balles… Même s’il reste des méthodes pour le moins étonnantes et des conseils peu avisés qui traînent sur le net en expliquant exactement ce qu’il ne faut pas faire, pratiquement tous les débutants trouveront tôt ou tard les bonnes informations pour parvenir à leur fin.

Il est donc aisé de constater que le niveau technique des harmonicistes a considérablement augmenté, malheureusement pas en proportion avec le niveau musical car le placement rythmique et le niveau harmonique restent bien souvent sur le banc des remplaçants. Mais cela me semble en bonne voie.

Bref, je ne sais pas ce que sera le futur mais tant que des musiciens (plus que des instrumentistes) joueront de l’harmonica, il est assuré.

——————————————————————————————-

Liens

Stages avec Sébastien Charlier et Jérôme Peyrelevade : https://www.stageharmonica.com/

Stage Gresiblues :

https://www.gresiblues.com/inscriptions-en-ligne-pour-les-stages/stages-pedagogie-2018/

Precious Box:

http://www.sebcharlier.com/joomla/index.php?page=shop.product_details&flypage=shop.flypage&product_id=36&category_id=1&manufacturer_id=0&option=com_virtuemart&Itemid=27

Site officiel Sébastien Charlier :

http://www.sebcharlier.com/

Interview de Sébastien dans « Planet Harmonica » :

http://www.planetharmonica.com/fr/linterview/sebastien-charlier/

8 Comment

  1. Bravo à tous les deux pour ce superbe entretien! Passionnant…

    J’espère que tu n’hésiteras pas à en faire d’autres Pierre (bravo aussi pour ton site qui est très bien!)

    1. Merci Patrice! C’est bien sympa ton comm’!
      Content que ça te plaise, tout le mérite en revient à Sébastien et à l’intelligence de ses réponses!

  2. Tout à fait d’accord avec Patrice…
    Ça me met dans le bain du (vivement le) stage du 1er mai 😉😎

  3. Oui très intéressant mais Sébastien ne laisse pas beaucoup de place aux apprentis dont je suis suis. On verra de nouveau au Grésiblues de cet été.
    En tous les cas merci pour ce blog, effectivement bien écrit, et ces billets pratiques, déjà mis en oeuvre pour le nettoyage, à mettre bientôt pour le son saturé. A bientôt

    1. Hello
      Merci pour le commentaire et les compliments.
      Sébastien ne peut répondre directement, mais il me semble que son offre de formation inclut largement les débutants, autant par ses méthodes que ses stages et ses cours…
      Bonne journée à toi

      1. Oui, oui bien sur il forme des débutants et j’en ai et je vais encore en bénéficier cet été. Je me rends compte qu’il est toujours difficile de réagir par commentaire interposé sans risquer de virer à la polémique ce qui n’est pas du tout mon envie. Et juste pour préciser ma pensée, je fais partie de ces gens qui aligne encore « une pentatonique par ici, un 2 altéré 2x trop bas par là » et qui espère bien progresser. Rien d’autre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *